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La Ville de La Rochelle intensifie son dispositif de sécurité routière pour faire face à un phénomène préoccupant : les trottinettes électriques débridées qui circulent en toute impunité. Avec une croissance notable des infractions liées à la vitesse excessive de ces engins de déplacement personnel (EDP), la police municipale, en collaboration étroite avec la Police Nationale et la Gendarmerie, s’apprête à déployer de nouvelles méthodes de contrôle. L’acquisition d’un curvomètre innovant, outil capable de mesurer précisément la vitesse maximale des trottinettes, marque un tournant dans la lutte contre ces pratiques dangereuses. Alors que la Préfecture de Charente-Maritime et la Brigade de Circulation soutiennent cette initiative, la Ville de La Rochelle mise également sur la sensibilisation des usagers au respect du Code de la Route et de la Loi Mobilités. Cette opération s’inscrit dans une volonté plus large d’harmonisation et de sécurité partagée entre cyclistes, piétons et utilisateurs de véhicules légers, illustrée par des réflexions autour de Vélolib’ La Rochelle et d’actions associées.
Un outil innovant pour renforcer la sécurité routière à La Rochelle
Pour endiguer la vitesse excessive des trottinettes électriques souvent débridées, la police municipale de La Rochelle s’est équipée d’un curvomètre dernier cri. Ce dispositif, comparable à un banc d’essai miniature, permet de mesurer en quelques secondes la vitesse maximale théorique d’un engin, en plaçant la roue arrière sur l’appareil et en actionnant l’accélérateur. Jusqu’à présent, l’identification des trottinettes trafiquées était difficile à prouver, mais cette technologie innovante donne enfin des moyens concrets aux forces de l’ordre.

Monsieur Gérarl Auger, directeur de la police municipale, insiste sur l’importance de cette acquisition qui représente un investissement de près de 12 000 euros, sans compter les frais annuels pour la maintenance et la conformité. Dès les premières interventions menées sur le Vieux-Port de La Rochelle, les policiers municipaux accompagnés par la Police Nationale ont identifié plusieurs contrevenants. Ces contrôles préliminaires s’accompagnent d’une phase pédagogique qui durera quelques semaines avant que les sanctions strictes ne s’appliquent, avec des amendes fixées à 135 euros pour les infractions avérées.
Le quotidien des contrôles : cas concrets et enjeux humains
Le phénomène des trottinettes débridées touche un public souvent jeune et actif, comme en témoigne Mathis, un cuisinier de 18 ans intercepté lors des contrôles. Avec sa trottinette équipée de deux moteurs, il atteignait une vitesse maximale impressionnante de 87 km/h, bien au-delà de la limite légale de 25 km/h prescrite par le Code de la Route. Malgré sa reconnaissance des risques, il explique qu’il adapte sa conduite en fonction de la densité du trafic. Toutefois, cette vitesse demeure une menace importante pour la sécurité des usagers et des piétons.
Autre cas révélé lors des opérations : Marq-Anthony, ouvrier de 27 ans, admet transporter un passager sur sa trottinette, ce qui est strictement interdit. Il révèle également avoir pu brider son engin rapidement à la vue des forces de l’ordre, ce qui démontre la facilité déconcertante avec laquelle ces véhicules peuvent être manipulés pour dépasser les limites réglementaires. Ces constats nourrissent les critiques de la police, notamment quant à la vente dans le commerce de trottinettes sans bridage officiel, un vide juridique et technique qui complique la tâche des autorités.
Une réponse coordonnée pour un meilleur contrôle de la mobilité douce
Face à l’augmentation du nombre d’incidents liés aux EDP motorisés, la Ville de La Rochelle s’appuie sur une coordination renforcée entre la police municipale, la Police Nationale et la Gendarmerie. Cette alliance stratégique vise à mieux encadrer la circulation dans des zones sensibles comme la zone piétonne du centre-ville et le Vieux-Port, où la cohabitation entre piétons, cyclistes et usagers de Vélolib’ La Rochelle doit s’effectuer dans le respect mutuel.

Le commissaire Aubry Commecy, chef du service départemental de sécurité publique en Charente-Maritime, alerte sur la hausse préoccupante du nombre de victimes : « Aucun décès n’est encore à déplorer à La Rochelle, mais en France, 22 tués et 416 blessés ont été recensés au premier semestre de 2025 », chiffres en nette progression par rapport à l’année précédente. Il souligne notamment la complexité d’interpeller et de sanctionner les contrevenants qui refusent souvent d’obtempérer, aggravant ainsi les risques d’accidents. Cette situation renforce la nécessité d’un encadrement rigoureux conformément aux dispositifs fixés par la Loi Mobilités et le Code de la Route.
Les opérations menées s’inscrivent dans une dynamique de réajustement des pratiques urbaines, où la sécurité routière est une priorité collective. En parallèle, la Ville de La Rochelle organise des campagnes de sensibilisation et travaille à instaurer une meilleure harmonie entre usagers, favorisant une coexistence sereine, notamment à travers des dispositifs innovants présentés dans les initiatives liées au réseau Vélolib’ La Rochelle.
Vers une mobilité plus sûre et encadrée
Le combat contre les trottinettes débridées s’inscrit dans un cadre législatif élargi, qui prône la responsabilisation des utilisateurs et l’adaptation des infrastructures. Le respect du Code de la Route devient essentiel face à la multiplication des engins rapides et légers. Par ailleurs, la sensibilisation autour des pratiques appropriées s’appuie sur la mobilisation des policiers dans des actions récurrentes, bien au-delà des simples contrôles ponctuels.
Cette approche se conjugue avec d’autres initiatives festives et éducatives qui valorisent les modes de déplacement doux. Par exemple, les événements liés au skateboard à La Rochelle participent à cette dynamique positive en promouvant une coexistence harmonieuse entre cyclistes, piétons et autres usagers, comme détaillé dans la célébration du skate organisée récemment.